Réparer

MARS 2022
La colonisation du Congo (aujourd’hui République Démocratique du Congo (RDC)) et du Ruanda-Urundi (Rwanda et Burundi actuels) par la Belgique, de 1885 à 1960, aurait fait près de 10 millions de mort·e·s. Dans ce reportage nous avons demandé à Anne Wetsi Mpoma, historienne de l’art, curatrice indépendante et fondatrice de la Wetsi Art Gallery et Geneviève Kaninda, coordinatrice du Collectif mémoire Coloniale et Lutte contre les Discriminations, ce qui constituait acte de réparation pour elles, pourquoi n’existe-t-il aucun centre culturel congolais, rwandais ou burundais en Belgique et pourquoi est-ce si nécessaire et indispensable ?

En novembre 2021, des expert·e·s mandaté·e·s par la commission spéciale sur le passé colonial de la Belgique au Congo ont rendu leur rapport. Cette commission a pour objectif de « créer un changement sociétal pour mettre fin au racisme et à la discrimination ». Elle porte sur l’historique de la période coloniale belge, la mémoire, la reconnaissance, la réconciliation et sur le lien entre le racisme et le colonialisme. La question des réparations de la colonisation, souvent éludée, a été peu abordée par la commission. Ces réparations matérielles, comme la restitution des biens culturels spoliés, et immatérielles, doivent pourtant occuper une place centrale dans les discussions. Il est important de décider de ce qu’il faut réparer et comment. Mais lorsque les réparations sont abordées, les enjeux économiques font surface, le débat devient houleux et se cristallise. Parallèlement aux réparations dues à ses anciennes colonies, la Belgique a un immense travail décolonial à réaliser au sein-même du pays : reconnaître, s’excuser, réhabiliter la mémoire historique et culturelle, restituer, remettre à leur juste place les cultures africaines, réconcilier… Réparer. C’est ce pourquoi militent les intervenantes que nous avons rencontrées.

EN SAVOIR PLUS

Les coulisses du tournage

C’est grâce aux échanges préliminaires avec Anne Wetsi Mpoma, historienne de l’art, curatrice indépendante et fondatrice de la Wetsi Art Gallery, que nous avons défini l’angle du sujet. Elle nous a accueilli·e·s à la galerie un après-midi, où nous avons fait la connaissance de Gia Abrassart, fondatrice de Café Congo et de trois étudiant·e·s et stagiaires au sein des deux lieux. Au fil des rencontres, le reportage s’est créé. La rencontre avec Geneviève Kaninda, coordinatrice du Collectif mémoire Coloniale et Lutte contre les Discriminations a été déterminante également. Nous aurions aimé donner la parole à encore beaucoup d’autres personnes sur les questions de décolonisation des mentalités, notamment par le biais culturel, tant il y a d’enjeux à aborder. Nous tenions à remercier infiniment les intervenant·e·s qui nous consacré du temps et appris énormément.

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